A l'occasion de l'organisation des 70 ans de Jeune Champagne. M. Alain Laude a bien voulu nous inviter pour faire la promotion de cet important événement pour le groupe. Représentait Jeune Champagne :
 - Mme Magali Beury, Présidente,
 - M. Guy Lerat, pilier de l'association et trésorier,
 - M. Jean-Aimé Beury, animateur chants et danses.


Retrouver sur le site de Canal 32 cette vidéo de Jeune Champagne en companie de M. Alain Laude, dans sa rubrique Passion Bénévole, en cliquant ici.

Diffusé le 19/02/2013.

 

La lycanthropie :

Ce mot fait allusion à un sorcier d’un genre assez spécial : le loup-garou, plus connu dans notre région sous le nom de voirloup. Nous disons bien qu’un genre spécial le caractérise. En effet le sorcier ordinaire se laisse approcher, on peut le voir, le consulter. On l’invoque et il intervient. Du lycanthrope il n’en est pas de même. Il est essentiellement sauvage et fuyant, je dirais même : il est taillé pour la course. On ne fait que « voir le loup », d’où l’expression en usage chez nous : « tu cours comme un voirloup » Ce préambule nécessaire va nous aider à comprendre les deux descriptions qui suivent :
A Bayel et à Lignol un loup garou parcourait souvent les bois, on l’apercevait à la cote des Anges, aux quatre croix du village et ailleurs. Plusieurs fois des métayers et des charbonniers lui avaient donné la chasse, mais ils n’avaient jamais pu le « déhurer ». Quand on croyait le prendre, il se volatilisait. Quelquefois il bondissait par dessus la tête des chasseurs ébahis. Ceux-ci sans doute le tirait, mais les balles ne produisaient pas plus d’effet sur lui que sur un tas de laine. Durant ces courses folles le loup garou ne manquait pas l'occasion de croquer un mouton ou bien de se jeter sur quelque passant isolé. Il disparaissait au premier chant du coq. 
Revenant de la veillée, les bonnes femmes de Géraudot s’étaient pâmées plus d’une fois devant l’apparition du loup garou (bien qu’il ne soit pas enfui à leur approche). Il faut dire qu’à Geraudot, le voirloup spécialiste de l’escamotage des poules et des lapins, ne devait pas se confesser tous les jours. Il avait de nombreux méfaits sur la conscience. Pourtant il trouva son maître : un ancien milicien, un vieux grognard qui n’était pas tombé du ciel à la dernière averse ! Celui-ci décrocha son fusil et courut comme un voirloup. L’autre le voyant de près cria « ne tires pas, je suis Jacquot du Mesnil Saint Père ».

Les voirloups :

On signale des Voirloups dans toutes les contrées champenoises, le plus souvent mi homme mi loup. Créatures du diable, on le retrouve dans la majorités des légendes de notre région. Un bois porte même le nom de Virloup du coté de Moussey. Néanmoins les légendes ont un fond de vérité : Il serait peut-être osé de prétendre que la légende est plus vraie que l’histoire. Aussi pour ne pas encourir l’ire des historiens, nous nous contenterons de dire que es légendes ont un fond de vérité. Ainsi celle du loup garou trouve un fondement réel dans cette frayeur collective inspirée par le loup. Le loup n’est pas un animal imaginaire : qu’on en juge ! ! ! !
Le 8 septembre 1676, pendant la nuit, les loups pénétrèrent dans le village de St Lupien et étranglent 60 moutons à Lupien Nioré.
A Pouan, au mois de septembre 1740, un loup enragé étrangle François Guillaume, mord plusieurs habitants, dévore Marguerite Gibey ainsi qu’un sieur champenois.
Dans une autre circonstance un loup sortit de Dierrey ou il fit beaucoup de victimes. 
Le 26 décembre 1774 à 11 heures du soir, il se jeta sur un ouvrier charron d’Estissac qui se défendit vaillamment, mais mourut ensuite de la rage.
Avec de tels exemples connus et de nombreux autres que nous ignorons, la légende du loup garou ou varloup ou voirloup ne sera toujours qu’une légende, mais cependant elle s’établit sur des fondements bien réels. Si nous avions le soucis de chercher un élément vrai au point de départ de toutes nos légendes, cela diminuerait singulièrement la naïveté ou l’ignorance dont nous accordons trop généreusement le bénéfice à nos ancêtres.

Les lutins :

La sorcellerie vise particulièrement à amener l’intervention de génies plus ou moins malfaisants. Aussi dans l’ambiance crée par les sorciers se meuvent des esprits follets, créatures animales et malicieuses qu’on dit venir la nuit pour taquiner les hommes. Le plus souvent dans notre région le lutin se singularise par ses grandes oreilles et sa longue queue. Si nous n’avons pas retrouvé de dessin de cette époque représentant ce type de lutin, il est frappant de constater que si certains villages évoquent les lutins comme des esprits follets, pour la grande majorité des autres, ces lutins ont tous en Champagne une queue et des grandes oreilles. Voici quelques anecdotes concernant ces esprits ou animaux bizarres ;
A Maizières La Grande Paroisse, on appelle ces esprits les « arlequins ». Cet arlequin là est un être immatériel qui sous forme de flamme ou de clarté pénètre par le trou des serrures dans les appartements, où il remue quelquefois la vaisselle. Pour le chasser on lui dit :
Arlequin du boudin, Saute culot, du gâteau, Va-t-en !
Et l’arlequin s’en va.
Ces étranges lutins circulent principalement pendant les semaines de l’Avent sous formes diverses qui suivent avec un persistance inquiétante les carrioles le long des haies. Si quelqu’un leur dit d’un air moqueur : « Saute gaillard, t’auras du lard », l’arlequin ne se fait pas prier. Il saute incontinent sur les membres de l’individu, son poids est d’un pesanteur intolérable ; « il fait sang »
Dans les environs de Troyes les Arlequins étaient désignés sous le nom de « Culards » ; ils jouissaient d’une réputation si fâcheuse que l’on disait par terme de comparaison : « celui là il est malin comme un culard ».
Les culards de Vallant Saint Georges ne valent guère mieux que leurs collègues de Troyes. Pendant l’Avent ils courent après le voyageur attardé pour le noyer dans les eaux de l’étang de Bury. A Bayel un lutin domestique était appelé « Fouilletout » à cause de sa curiosité. Cette singulière créature semble venir de la Haute Marne, puisqu’on le retrouve à Chalindrey. Il travaille la nuit sans lumière au métier de bonneterie ou tissage : souvent le matin on trouve 15 ou 20 aunes de toile ajoutées au rouleau de la veille. Souvent aussi il détruit le travail de la veille mais personne n’ose le troubler. Par corruption le même lutin est appelé « Fouletot » à Lignol. Ce farfadet, habillé tout de rouge entre la nuit dans les écuries et donne à profusion foin et avoine. Surpris de voir ses râteliers remplis et son bétail ramassé, le propriétaire guette souvent le visiteur nocturne, mais c’est bien en vain.

Nous aurions pu continuer ainsi pendant des heures. Le temps ne nous permettra pas de vous parler des fées, du Chasseur Noir, de Mélusine, du Baphomet de la forêt d’Orient ou même de l’étrange Bonnet Vert de Vallant Saint Georges qui circulait plus ou moins mystérieusement sous le couvert du manteau de la cheminée, faisant figure de revenant.
Pour mieux comprendre venez donc de par chez nous. Ah ! que nos forêts et nos chaumières champenoises sont belles et accueillantes ! !
Le jour surtout……
  • Jean Aimé Beury
  • Section Recherches
  • JEUNE CHAMPAGNE, Troyes
Sources :
  • André Beury, articles de l’indépendant de l’Aube février 1951
  • Histoire de Saint Lupien , M. Jossier
  • Histoire de Maizières, M. Jamery
  • Histoire de Vallant St Georges, Ernest Chonlier
  • Recherches Jeune Champagne
Le folklore de la Champagne était alors mal connu et bien souvent ignoré malgré les travaux de quelques érudits locaux qui s'étaient penchés sur le problème avant 1939.

Cette équipe de jeunes se mit à "dévaliser" les greniers, à fouiller archives et bibliothèques pour réunir le plus grand nombre possible de documents, puis profitant des week-ends et des congés, ils commencèrent le travail d'enquête. C'est aujourd'hui une association composée d'adultes et d'enfants qui lors de nos représentations portent le costume de Troyes, datant des années 1850 environ.
 
Au son des violons, des accordéons, des clarinettes, des vielles et du tambour, les Champenois dansaient les soyottes, les branles, les quadri
lles et bien d'autres choses encore, telle la gigue où il faut lever la jambe très haut, ou encore la danse corporative des jardiniers.

" Jeune Champagne " apporte en ce début de XXIème siècle la joie de vivre des vignerons et la malice des bergers du temps passé.
" Jeune Champagne " a déjà présenté le folklore de la Champagne dans toutes les régions de France, ainsi que dans de nombreuses villes dans le monde entier.

Le groupe Jeune Champagne

Le folklore vous intéresse ? Et plus particulièrement le folklore champenois ?

N'hésitez à visiter ces pages pour découvrir le patrimoine de notre région, la Champagne, région administrative : la Champagne-Ardenne.

Nous vous y présentons nos danses, musiques, paroles et chants, nos costumes. Mais aussi des informations sur le cycle de la vie de nos ancêtres aux siècles derniers.

Des études de l'association sont exposées mais aussi des références à d'autres chercheurs de notre régions. Les liens vers les différents partenaires de Jeune Champagne sont aussi proposés.

Alors, ne perdez plus de temps et découvrez notre folklore.

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